Allaitement : L’impossible débat ?

Je ne suis pas de celles qui iront jeter la pierre aux mamans ayant choisi de ne pas allaiter. Cela n’a aucun sens de vouloir imposer l’allaitement à une femme qui n’en a pas le désir quand tant de paramètres l’en détournent.
Il n’y a rien de plus intime au fond que ce lien sensuel et douillet entre une maman et son enfant.
On étale le sexe partout mais l’allaitement, lui, reste tabou !
Le sein, pour donner la tétée, est une des rares situations qui peuvent encore gêner dans une société qui manque furieusement de pudeur.
Autrefois, point de questionnement. Les femmes riches prenait une nourrice et les autres allaitaient leur bébé, sans cela il mourait car très peu de nourrissons supportent le lait de vache. C’est ainsi qu’Hélène, ma belle grand-mère se retrouva à allaiter deux bébés, ma mère Claire et son frère de lait Norbert. Nous étions en 1920 et ma grand-mère aurait pu nourrir tous les bébés du quartier alors que la frêle Octavie, n’avait plus une goutte de lait. Norbert hélas rejetait le lait Guigoz, le lait de vache et celui de chèvre. Ne restait plus qu’à le confier à une nourrice pour lui éviter une mort certaine. Mais cela coûtait beaucoup trop cher alors le bon docteur de famille connaissant les deux femmes, demanda à Hélène si elle acceptait de sauver Norbert.
Voici comment les deux familles furent unies par les liens du lait !
Tous deux vécurent en frère et sœur jusqu’à 94 ans. Ils moururent à quelques mois d’intervalle, Norbert en dernier puisqu’il était le plus jeune. Combien de fois entendis-je dire : « Ah qu’il était bon le lait de la Belle Hélène ! », celui-là même qui avait forgé deux solides enfants, beaux et en pleine santé.
Cette génération là, allaitée, non vaccinée, élevée au grand air avec les produits de la ferme, et qui en vieillissant a bénéficié des progrès de la médecine, est certainement la génération la plus solide jamais répertoriée en occident. On ne compte plus le nombre de centenaires et s’ils n’ont pas fait d’excès rédhibitoires, ils ont vécu et vivent encore tout à fait correctement.
Où voulez-vous en venir me direz-vous ?

Eh bien ce matin sur le HuffPost (1), j’ai lu le coup de gueule d’une maman qui en a ras le bol des moralisateurs en matière d’allaitement et comme je la comprends !
À une époque où on commence vraiment à vouloir respecter les femmes autrement qu’en théorie, que l’on assume que sa force physique souvent limitée peut constituer un handicap face à un agresseur masculin, et que les hommes aux pulsions sexuelles exacerbées sont enfin dénoncés… A notre époque donc, harceler ou violer un être humain est sévèrement réprimandé et puni. Enfant, homme ou femme ne devraient jamais se retrouver dans une situation de harcèlement.
Une scène m’avait profondément émue et gênée, dans « Les Valseuses » de Bertrand Blier. Les deux voyous interprétés par Depardieu et Dewaere harcèlent une jeune femme qui allaite son bébé dans un train. Cette scène est d’autant plus efficace que Brigitte Fossey y incarne la pureté même.

Les seins d’une femme ne sont pas sacrés au sens propre du terme mais ils sont adulés par les hommes et de ce fait sont devenus non plus un moyen de nutrition mais une arme fatale de séduction.
Je le crois sincèrement mais cela n’engage que moi, l’homme est resté un enfant et recherche éperdument sa maman dans sa compagne. Et la femme, que cherche-t-elle ? Lorsqu’elle est amoureuse, elle offre son corps à l’homme et ne peut s’empêcher de le materner. A ce stade-là, l’harmonie du couple est parfaite. Succion des seins, suçons, cunilingus et fellation, tout est succion. On déguste l’autre comme la friandise ultime du paradis.
« Ah ! Nature, nature ! » dit Argan dans le Malade Imaginaire. Oui, la nature est bien à l’origine de tous ces merveilleux comportements qui peuvent devenir l’enfer s’ils ne sont pas consentis.
Après quelques ébats la jeune femme presque toujours se retrouvait enceinte. Puis elle donnait naissance à un beau bébé, l’allaitait et l’homme se sentait parfois un peu délaissé car un bébé, ça prend beaucoup de place… C’est l’affaire de quelques mois mais quand même, ça pique !
Quelques mois voire une année entière, ce n’est pas si long, vu rétrospectivement, mais sur le moment cela peut être vécu comme une situation très difficile.
De nos jours, dans notre société, hommes et femmes travaillent et il faut aussi parfois s’occuper des aînés. Il faut jongler avec la nounou ou la crèche, la maternelle, le pédiatre, les taches ménagères qui, plus on a d’enfants, s’accumulent jusqu’à l’overdose. Alors il arrive qu’on pète les plombs. Les conditions pour allaiter sont mauvaises car il faut être à la fois sereine pour faciliter la lactation et dispo pour faire téter.
Epuisée, la maman cesse d’allaiter pour cause d’incompatibilité avec sa vie en général. Le bébé peut être nourri par quelqu’un d’autre et cerise sur le gâteau, on peut même le laisser aux grands-parents pour un long week-end en amoureux.
Parallèlement à cette situation apparue avec le travail des femmes banalisé et le féminisme, l’agroalimentaire fait son entrée après la guerre. La fameuse société de consommation !
Le premier lait maternisé inventé par Guigoz date de 1908 (2). Mais ce n’est que 20 ans plus tard que les médecins se mettent à conseiller ce lait en poudre aux jeunes mamans.
À l’époque Guigoz détient le monopole. Le lait en poudre s’impose de plus en plus dans les mentalités et devient même l’emblème du féminisme car il libère les femmes de l’allaitement. En 1971, le géant agroalimentaire Nestlé rachète Guigoz. Vous les avez vus venir avec leurs gros sabots ? En 1987, le lait maternisé fait son entrée dans les supermarchés mais cela fait déjà un bout de temps que ce lait est distribué gratuitement dans les maternités et que le personnel est dressé à vanter ses mérites. Alors vous avez peut-être vécu tout comme moi cette situation ubuesque où la sage-femme et l’infirmière vous apportaient le biberon tout fait et vous expliquaient que, je cite : « Vous allez vous abîmer la poitrine, vous allez être esclave du bébé, vous allez avoir des crevasses, l’allaitement maternel, c’est dépassé ! ». Bref, Il fallait être drôlement sûre de soi pour ne pas céder aux sirènes. Le pire étant la méthode sournoise qui consistait à vous dire : « Si le lait ne vient pas, donnez-lui le biberon en attendant » ! Alors que le personnel soignant sait que le colostrum sécrété avant le lait maternel est une substance riche en protéines et en éléments protecteurs indispensable au bébé et que l’arrivée du lait est conditionnée par la succion du bébé qui provoque les premières montée de lait, 3/4 voire 5 jours après l’accouchement. Si on met un nouveau né au biberon dès la naissance, ce dernier risque ne jamais faire l’effort de téter le sein ; car il faut savoir que pour un bébé, le biberon est bien plus facile à téter que le sein de sa mère. Le sein, lui, demande un gros effort de succion. Les premiers jours peuvent être angoissants pour la maman. Bébé maigrit, pleure, n’arrive pas prendre le sein… La jeune maman a vraiment besoin d’aide, d’encouragement car tout cela est tout à fait normal mais parfois elle ne le sait pas.
Eh oui les petits, la vie est un combat !
Je vous rassure ça a évolué !

Voilà ! Nous y sommes.
Si nous prenons en considération la société dans laquelle nous vivons à cent à l’heure et les effets combinés de la fatigue, la tentation de la facilité, la pression des labos et l’argument féministe ainsi que celui de la préservation de ses atouts de séduction dont la poitrine fait partie, la nouvelle maman est-elle réellement libre lorsqu’elle fait le choix de ne pas allaiter son bébé ? La question se pose. L’OMS est d’ailleurs très claire à ce sujet et recommande l’allaitement exclusif au sein pendant 6 mois et en complément pendant au moins 2 ans : « L’allaitement au sein est un moyen sans égal de fournir une alimentation idéale permettant une croissance et un développement sains du nourrisson » (3)
Est-il vraiment raisonnable de priver le bébé de l’allaitement maternel ? Et ne sommes-nous pas juste en train de nous faire manipuler ? Nos choix ne sont-ils pas orientés par les laboratoires qui fabriquent le lait maternisé ? Ce lait qui ne protège pas le nourrisson dont le système immunitaire est fragilisé. On doit alors le vacciner ce qui contribue à le fragiliser davantage. (Imaginez 11 vaccins dans un petit corps dont le système immunitaire n’est pas fini !)
Enfant, il développe des maladies chroniques, souvent des allergies, il est tous les quatre matins chez le médecin. Adulte, d’innombrables bobos lui pourrissent la vie, puis il finit par développer des maladies auto-immunes voire un cancer.
Il dépense une fortune, creuse le fameux trou de la sécu, vieillit tant bien que mal rafistolé de partout tandis que les labos se gavent de sa naissance à sa mort.
Je constate tout cela autour de moi depuis longtemps. Ajoutons la malbouffe et les pollutions de toutes sortes. Jackpot !
Au fond, l’allaitement maternel est la bête noire des labos.
Jules Romain était visionnaire lorsqu’il fit naître sous sa plume le cynique et manipulateur docteur Knock !
Le paradis des labos, c’est nous, les malades, et ce n’est pas près de changer ! À moins que…

Références :
1. Parce que j’en ai assez des leçons de morale, voici 6 raisons pour lesquelles je n’allaite pas mon bébé : http://www.huffingtonpost.fr/eloise-picquet/parce-que-jen-ai-assez-des-lecons-de-morale-voici-6-raisons-pour-lesquelles-je-nallaite-pas-mon-bebe_a_23346442/
2. Guigoz : la révolution du du lait en poudre : http://www.journaldunet.com/economie/magazine/enquete/les-entreprises-centenaires-en-2008/guigoz-la-revolution-du-du-lait-en-poudre.shtml
3. OMS : Allaitement au sein exclusif : http://www.who.int/nutrition/topics/exclusive_breastfeeding/fr/

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