La grande distribution explose ses marges sur les produits bio !

Si vous faites vos courses dans un supermarché bio indépendant vous vous êtes peut-être déjà fait la réflexion suivante : « les fruits et les légumes frais sont quasiment au même prix que les non-bio qu’on trouve en grande surface et surtout bien moins chers que ces mêmes produits bio dans les grandes enseignes. » Et pour cause, selon une étude publiée le 24 août 2017 par l’association de consommateurs UFC-Que choisir, la grande distribution réalise des « marges exorbitantes » sur ces produits.

L’association a sélectionné un panier de 24 produits représentatifs de la consommation des ménages français et tenez vous bien, la marge réalisée sur les produits bio est en moyenne deux fois plus importante (+ 96%) que sur les produits « conventionnels » (ou bourrés de pesticides suivant le label que vous leur donnez) ! Sur les tomates cette marge est supérieure de 145%, sur les pommes de 163% et sur les poireaux de 191% ! De fait, 46% du surcoût lié à l’achat de produits bio serait en réalité dû à la marge réalisée par la grande distribution. De quoi battre définitivement en brèche l’argument qui consisterait à dire que le bio coûte beaucoup plus cher à la production.

La question qui se pose alors est la suivante : Dans quel but la grande distribution « surtaxe » les produits bio ? Pour réaliser plus de profits me direz-vous. Oui bien évidemment car dans la plupart des cas les consommateurs qui se tournent vers le bio sont prêts à payer plus cher pour bien manger et les grandes surfaces en profitent. On peut néanmoins voir d’autres raisons plus sournoises et plus stratégiques pour l’industrie agro-alimentaire. En effet en faisant perdurer le mythe du bio « très cher » on éloigne du « manger sain » une catégorie entière de la population, qui cherche à faire un maximum d’économies au quotidien. Cela permet dans le même temps de maintenir les ventes de produits « conventionnels » à un niveau élevé et donc de justifier la nécessité de faire perdurer les modes de production de l’agriculture intensive, tenue par les géants que sont Monsanto et consorts. En outre UFC-Que choisir note que les rayons bio sont moins régulièrement approvisionnés que les rayons « classiques », de quoi inciter encore une fois à se tourner vers les produits non-bio.
De là à pousser le raisonnement encore plus loin il n’y a qu’un pas que nous franchirons allégrement. Quand on connaît l’impact sur la santé d’une mauvaise alimentation ainsi que les risques que représentent l’exposition et l’absorption des pesticides et autres perturbateurs endocriniens, on est en droit de se demander qui a véritablement intérêt à ce que les gens se nourrissent avec des aliments de mauvaise qualité…

Quoi qu’il en soit, Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir interpelle : « Nous demandons à l’Observatoire de la formation des prix et des marges d’étudier la construction des prix des produits bio dans la grande distribution et de faire la transparence sur les marges nettes. Si les marges étaient normales, cela favoriserait la consommation du bio. »

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