L’association Anticor soutient à son tour le RIC

Anticor soutient le RIC

Dans un communiqué daté du 4 juin (1), l’association Anticor, qui milite contre la corruption en politique, a ajouté sa voix à ceux qui réclament l’instauration du référendum d’initiative citoyenne (RIC). Elle justifie notamment son soutien officiel à la principale revendication des « gilets jaunes » par le fait que « les associations et les revendications citoyennes sont de moins en moins prises en compte par le législateur et le gouvernement. »
Elle souligne encore que le processus du référendum d’initiative partagée actuellement en vigueur, qui, rappelons-le, est en réalité à l’initiative exclusive des parlementaires, n’est pas certain de déboucher sur référendum (comme nous l’expliquions récemment pour la privatisation d’ADP), et ce, même si les citoyens parvenaient à réunir les 4,6 millions de signatures nécessaires à l’examen du texte.

Anticor plaide pour un RIC législatif, constitutionnel, abrogatif et révocatoire et cite plusieurs exemples de promesses non tenues — comme le casier judiciaire vierge pour les élus — et de lois scélérates récemment votées — dont celle sur le « secret des affaires » — pour appuyer son propos. De plus, cela permettrait de soumettre aux citoyens les propositions d’Anticor pour moraliser la vie publique (2) sur des sujets tels que l’encadrement strict du lobbying, la protection des lanceurs d’alerte, le financement des partis politiques etc.

Enfin, l’association qui lutte pour l’éthique en politique, répond habilement aux détracteurs du RIC. À ceux qui craignent une dictature de l’émotion, elle réplique en soulignant le temps long du référendum d’initiative citoyenne. En effet, entre le dépôt d’une proposition de loi et un éventuel référendum, il s’écoulerait un an de réflexion et de délibération publique. Soit bien plus que pour de nombreuses lois votées par nos gouvernants, comme la loi antiterroriste, la loi « anti-casseurs », ou encore récemment la loi d’exception pour reconstruire Notre-Dame. Autant d’exemples qui prouvent que les politiques sont souvent beaucoup plus enclins à profiter de l’émotion et de l’actualité pour faire passer certains textes controversés.

De même, Anticor souligne que le RIC ne se substitue pas à la « démocratie représentative » mais apporte un meilleur équilibre entre le système actuel et la démocratie direct, afin d’être davantage en adéquation avec l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et Citoyen de 1789 (3) qui proclame que « La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation » et l’article 2 de la Constitution de 1958 (4) qui promulgue le principe fondamental de la République française : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

Références :
1. Pour le référendum d’initiative citoyenne : https://www.anticor.org/2019/06/04/pour-le-referendum-dinitiative-citoyenne/
2. Plaidoyer Anticor : https://www.anticor.org/presentation/plaidoyer-anticor/
3. Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789
4. Constitution de 4 octobre 1958 – Article 2 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=3C2C5AAE5163D4A9EDB22FF2B85DBD26.tplgfr24s_1?idArticle=LEGIARTI000006527453&cidTexte=JORFTEXT000000571356&categorieLien=id&dateTexte=

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