Les pauvres paient des impôts et « ruissellent » sur l’économie réelle, eux !

Une petite phrase polémique, une de plus, savamment distillée pour le plus grand bonheur de la presse et pour séduire un peu plus cet électorat de la droite populaire, celle qui fustige les « assistés » et veut « remettre la France au travail ». Car Macron le sait, cette image de président des riches il ne s’en défera jamais. Mais il sait aussi que pour gagner une élection présidentielle il faut à peine 20% du corps électoral et, la duperie totalement consommée, il a parfaitement conscience qu’il doit désormais les chercher à droite de l’opinion publique. C’est à cela qu’il pense lorsqu’il prononce son désormais fameux « on met un pognon de dingue dans les minima sociaux ».

Mais au fait Mr Macron, savez-vous seulement pourquoi on verse des minima sociaux aux plus fragiles ? Oui vous le savez sûrement, mais il vaut mieux pour vous en dissimuler la raison, car cela remettrait en cause toute la politique économique de votre quinquennat ! En réalité c’est très simple, la fameuse théorie du ruissellement chère aux néolibéraux dont vous faites partie n’est qu’une vaste escroquerie destinée à enrichir toujours plus les ultra-riches. Et cela commence tellement à se voir que même les économistes de votre courant de pensée n’ont d’autre choix que de faire ce constat (voir vidéo ci-dessous). Et c’est là qu’intervient l’État, il prélève des impôts et redistribue (un minimum) les richesses créées par votre société uniquement tournée vers le profit. Limpide non ?


Et il y a mieux ! En effet, en matière d’économie, les pauvres ont une autre caractéristique. Ils dépensent tout ce qu’ils touchent (les irresponsables), ils consomment un maximum et ruissellent sur l’économie réelle ! Logement, alimentation, habillement, abonnements, assurances, carburant pour ceux qui ont une voiture et même quelques loisirs quand ils le peuvent. Ils n’épargnent pas ou peu et (souvent) remboursent des crédits à la consommation à des taux exorbitants. Les ménages pauvres sont tout simplement ceux qui sont le plus impactés par les dépenses « contraintes », qui représentent jusqu’à 70% de leur budget (1).
Mais ce n’est pas tout, les « pauvres » paient aussi des impôts ! Si la plupart des gens s’arrêtent à l’impôt sur le revenu, dont sont bien évidemment exonérés les plus modestes, il existe de nombreuses autres formes d’impôts en France. À commencer par la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), payée sur tous les produits de consommation courante. Et la TVA représente deux fois plus de recettes fiscales que l’impôt sur le revenu (2). Si on y ajoute les cotisations sociales, payées par tous les salariés, retraités et chômeurs, y compris les plus pauvres, ou encore les taxes (exorbitantes) sur les carburants, aussi incroyable que cela puisse paraitre, en proportion les 10% les plus pauvres sont plus imposés que les 1% les plus riches. Leur taux global d’imposition est de 41%, contre 33% pour les ultra-riches (c.f l’excellent graphique des économistes Thomas Piketty, Camille Landais et Emmanuel Saez).

Poids des différents impôts selon le niveau de revenus en 2010, en % du revenu.

Une inégalité effarante sans aucun doute largement exacerbée par la suppression de l’ISF et l’instauration de la « flat tax » sur les revenus du capital, parmi les premières mesures votées par la majorité d’Emmanuel Macron (3). Et pendant ce temps-là on continue de taper sur les plus pauvres, ces « assistés », en brandissant notamment l’épouvantail de la fraude aux prestations sociales, qui représente en réalité moins d’un milliard d’euros sur une année. Dans le même temps, la fraude et l’évasion fiscale des multinationales et des ultra riches s’élève à 100 milliards d’euros !

Oui, le système de redistribution est perfectible, mais sûrement pas dans le sens que vous préconisez Mr Macron. L’effort fiscal doit être mieux reparti, plus progressif et donc plus supporté par les plus riches. Dans le même temps, le revenu minimum garanti doit augmenter, car chacun doit avoir droit à un niveau de vie décent. Et chaque euro de ce « pognon de dingue » que l’État verse en aides sociales est systématiquement réinvesti dans l’économie réelle, crée de la croissance, de l’emploi et génère même des recettes fiscales ! Difficile d’en dire autant des milliers de milliards déversés par la BCE (Banque centrale européenne) sur les marchés financiers depuis 2011 (4)…

 

Références :
1. Les ménages pauvres plombés par les dépenses contraintes : https://www.alternatives-economiques.fr/menages-pauvres-plombes-depenses-contraintes/00084443
2. L’impôt sur le revenu n’est pas celui qui pèse le plus sur votre budget (et de loin) : https://www.huffingtonpost.fr/2015/06/07/declaration-impots-2015-impot-revenu-tva-csg_n_7517266.html
3. Tollé général contre la réforme fiscale : https://www.politis.fr/articles/2017/09/tolle-general-contre-la-reforme-fiscale-37660/
4. Où sont passés les 4.000 milliards d’euros injectés dans l’économie par la BCE ? https://www.challenges.fr/finance-et-marche/ou-sont-passes-les-4-000-milliards-d-euros-injectes-dans-l-economie-par-la-bce_520551

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