Restez libres !

Je tenais sincèrement à remercier tous les braves gens qui s’apprêtent à « faire barrage » au Front National dimanche. Merci à tous les donneurs de leçons de démocratie, à tous les « défenseurs » de notre république, à tous ces « pompiers » prônant des valeurs de tolérance que les 21,3% qui ont voté pour Le Pen au 1er tour semblent avoir abandonnés… Merci à tous les auteurs de lettres ouvertes, de plaidoyers toujours plus remplis de bienveillance et de maturité, merci à tous les combattants de ce soudain front républicain.
Vraiment… merci à vous…

Vos excès de tons moralisateurs n’auront fait que renforcer ma détermination à rester libre non pas face à la menace du FN mais face à la pression sociale électorale que vous nous imposez.

Macron. Non.
A l’opposé des idéaux du FN, je ne me reconnais pas pour autant dans son programme. Sans que ce soit un vote d’adhésion, j’aurais pu voter Macron en me bouchant le nez mais je refuse que mon vote me soit dicté par le FN, au premier comme au second tour. Je vote en fonction de mes valeurs au premier comme au second tour.

Vous qui êtes d’un courage sans limite, à vous draper dans le combat contre les idéaux d’extrême droite pendant 15 jours, les 350 autres jours de l’année, que faites-vous contre le Front National ?
Ces quelques jours d’inquiétude vous feront peut-être réaliser que la lutte contre les idées sectaires et fascistes est une lutte de chaque jour et non pas celle d’une campagne présidentielle. Il ne s’agit pas de se réveiller tous les 5 ans en s’offusquant du score du FN sans se demander pourquoi.
Le vrai barrage ne doit pas être affaire de comptage de voix, le vrai barrage doit se faire dans les têtes, il doit se faire sur les idées. Nous devons combattre le fond. Sans cet effort là, j’espère que vous êtes prêts à renoncer à votre réel pouvoir démocratique car à chaque scrutin vous semblez condamnés à voter pour celui que les instituts de sondage donnent gagnant devant l’extrême droite.

Je refuse d’être la voiture balai qui ramasse les débris d’idées de la société pour les mettre sous le tapis pendant 5 ans et mieux les cacher. Je ne fais pas le jeu du Front National en votant blanc, non, je reste simplement fidèle à mes idées et mes valeurs.

Si vous vous dites: « oooh encore un plaidoyer-justification du vote blanc d’une pseudo intello-bobo qui s’étale sur Internet » et bien soit. Mais face à toutes les phrases culpabilisantes et moralisatrices que j’entends depuis plus d’une semaine quand je dis que je pense voter blanc, je le trouve nécessaire cet article déculpabilisant. Depuis quand joue t-on sur la culpabilité des gens au nom de la démocratie ? C’est cela que vous défendez au « Front Républicain » ?

À tous ceux qui souhaitent voter blanc, ne culpabilisez pas. Personne ne peut vous forcer à faire un choix contre votre cœur, vos idées ou vos valeurs. Ne votez pas Macron pour faire ce que les biens pensants attendent de vous.

Restez libres.

2 Thoughts to “Restez libres !”

  1. LAURENT BEL

    Bravo pour cette lettre ouverte dont je partage le fond, à un détail près le vote blanc. Philosophiquement le vote blanc correspond à ce que vous dites, le ni-ni, c’est indéniable. Mais dans les faits de l’escroquerie intellectuelle que représente notre système électoral, le vote est précisément le contraire, il est le et-et. Il compte dans la participation mais pas dans les exprimés, autrement dit, il donne une légitimité aux 2 finalistes qui seront élus/battus avec une participation forte les gargarisant sur l’adhésion des français à leurs propositions. Au contraire, l’abstention affaiblit leur légitimité car ils seront élus/battus, avec le même score en pourcentage, mais avec une participation bien moindre, leur indiquant, même s’il est vrai qu’ils s’en moqueront, qu’ils ne sont représentatifs que d’une faible minorité… Je vous rejoins donc dans ce sentiment de non culpabilité, mais pour une abstention massive. Merci de ce plaidoyer. Cordialement.

  2. abd

    hum..

    je comprends – et je partage – l’agacement que suscitent les cris d’orfraie et les injonctions culpabilisantes à voter de telle ou telle façon. cela brouille les discussions et noie les argumentations.

    et puis, reconnaissons le, ça donne envie de faire le contraire de ce qu’on nous dit ;
    la mention « ne pas presser le bouton » à côté d’un grand bouton rouge est une incitation à presser le bouton.

    et sinon,

    « le vrai barrage (…) doit se faire sur les idées. nous devons combattre le fond. » etc.
    on peut aussi faire les deux non ?

Commenter